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Du Grenelle au purin d'ortie
C'est fait. Le Parlement vient d'adopter le projet de loi portant engagement national pour l'environnement et concrétise ainsi le cycle législatif du « Grenelle de l'environnement ».
Au-delà de ce texte, le Grenelle marque l'aboutissement d'une démarche tout à fait novatrice dans notre histoire législative, puisque jamais auparavant la société civile n'a autant été associée à l'élaboration de la loi.
Le Grenelle constitue aussi et surtout un tournant , puisqu'il place l'environnement au coeur de notre politique public et influencera significativement l'ensemble de notre vie quotidienne.
La « révolution verte » est désormais en marche. Même si le Grenelle n'en constitue sans doute qu'un premier pas, il s'agit réellement d'un pas de géant.
C'est d'ailleurs dans cet esprit que l'Assemblée nationale a adopté à l'unanimité l'amendement que j'ai déposé à la Loi de modernisation de l'agriculture concernant le purin d'ortie.
Depuis 2006, les préparations naturelles dites peu préoccupantes (PNPP) sont en effet soumises à une procédure allégée de mise sur le marché, car qui dit naturel ne veut pas dire pour autant innocuité pour la santé ou l'environnement.
Compréhensible pour des produits tels que le curare ou la ciguë par exemple, cette disposition posait néanmoins des difficultés pour le purin d'ortie, dont l'utilisation était jusqu'alors largement répondue et qui, il faut bien le reconnaître, ne présente pas de risque. Bien qu'allégée, la procédure de mise sur le marché demeurait en effet trop lourde et trop onéreuse et aucune demande n'a été enregistrée jusqu'à présent.
Mon amendement prévoit dès lors que le gouvernement pourra dresser une liste de PNPP qui n'auront plus besoin de passer par le filtre de cette procédure, les préparations naturelles concernées étant celles qui, comme le purin d'ortie, ne présentent de toute évidence aucun risque.
Dans la continuité de Grenelle, l'exemple du purin d'ortie illustre aussi les alternatives qui peuvent le cas échéant se présenter à l'utilisation de certains produits phytosanitaires. L'objectif étant in fine de favoriser le plus possible les techniques alternatives à ces produits.
EPILOGUE:
Adoptée lundi 12 juillet dans sa version issue de la commission mixte paritaire, la Loi de modernisation de l'agriculture et de la pèche devra maintenant se confronter à la dure réalité des campagnes. Ce texte comporte indéniablement des avancée tant sur le difficile sujet de l'organisation de la mise en marché, du soutien aux métiers de la mer, ou encore sur la valorisation de nos forêts. Mais un grand texte se reconnait aussi à quelques mesures symboliques. La question du purin d'ortie était de cet ordre. Était, car les sénateurs siégeant à la CMP ont obtenus sa suppression. Anecdote? Pas vraiment, car cela dénote une absence d'imagination voir un esprit réactionnaire qui me laisse pantois. Ils devraient pourtant savoir que lorsqu'on lui ferme la porte l'ortie passe par la fenêtre.
Dommage pour cette occasion manquée.
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